Un webhook, c’est quoi ? L’explication sans jargon
Webhook, c’est quoi ? L’image concrète qui le rend évident, la différence avec une API, et comment s’en servir dans Make pour des automatisations instantanées.
Publié lepar Thomas
Vous attendez une réponse importante. Toutes les dix minutes, vous rouvrez votre boîte mail pour voir si elle est arrivée. Vous avez fait ça vingt fois dans l’après-midi, et dix-neuf fois pour rien. Puis vous activez les notifications, vous posez le téléphone, et le jour où le message arrive, le téléphone vibre. Vous ne vérifiez plus : on vous prévient.
Toute la différence entre vérifier et être prévenu, c’est ce qu’on appelle un webhook. Le mot sonne technique, l’idée ne l’est pas. Si vous avez lu l’article pour comprendre une API simplement, vous avez déjà fait la moitié du chemin : un webhook, c’est une API qui fonctionne à l’envers.
L’image qui rend tout évident : le bipeur du restaurant
Vous commandez dans un restaurant rapide. On vous donne un petit boîtier et vous allez vous asseoir. Quand votre plateau est prêt, le boîtier vibre, vous allez le chercher.
Imaginez la même scène sans boîtier. Vous devriez vous lever toutes les deux minutes pour demander au comptoir si c’est prêt. Le cuisinier répondrait « pas encore » neuf fois sur dix. Vous perdriez votre temps, lui aussi.
- Sans boîtier, vous allez demander régulièrement : c’est le fonctionnement d’une API interrogée à intervalle fixe.
- Avec le boîtier, le comptoir vous prévient au bon moment : c’est un webhook.
Techniquement, un webhook est une adresse web que vous donnez à un service. Quand un événement se produit chez lui (un paiement, un formulaire rempli, un rendez-vous pris), le service envoie aussitôt un message à cette adresse, avec les détails de l’événement. Le message contient les données utiles : le nom du client, le montant, la date.
API ou webhook : qui appelle qui
| API interrogée régulièrement | Webhook | |
|---|---|---|
| Qui prend l’initiative | Votre outil, qui va demander | Le service, qui vous prévient |
| Quand l’information arrive | À la prochaine vérification | Au moment de l’événement |
| Vérifications pour rien | Nombreuses, la plupart des passages ne trouvent rien | Aucune |
| Consommation dans Make | Un crédit par vérification, même vide | Seulement quand un événement arrive |
| Ce qu’il faut pour l’utiliser | Un connecteur ou une clé d’accès | Une adresse, collée chez le service |
| Exemple de la vie courante | Rouvrir sa boîte mail toutes les dix minutes | La notification qui fait vibrer le téléphone |
Les deux ne s’opposent pas : ils se complètent. On utilise souvent un webhook pour être prévenu, puis une API pour aller chercher un complément d’information ou agir en retour.
Pourquoi c’est important dans une automatisation
Dans un outil comme Make, un scénario démarre de deux façons.
Soit il vérifie à intervalle fixe : toutes les 15 minutes, toutes les heures, une fois par jour. Chaque vérification consomme un crédit, même quand elle ne trouve rien. Toutes les 15 minutes, cela fait près de 2 900 vérifications par mois, alors que le plan gratuit offre 1 000 crédits.
Soit il attend un webhook : il ne fait rien, ne consomme rien, et se lance à la seconde où l’événement arrive. Deux avantages en même temps : c’est plus rapide, et c’est plus économe.
Utiliser un webhook dans Make, pas à pas
Le cas le plus courant : un service externe (un formulaire, un outil de paiement, un outil de prise de rendez-vous) doit lancer votre scénario dès qu’il se passe quelque chose chez lui.
- Créez le webhook dans Make. Dans un nouveau scénario, choisissez comme premier module l’application Webhooks, puis Custom webhook (webhook personnalisé). Donnez-lui un nom parlant, comme « Formulaire contact ».
- Copiez l’adresse. Make génère une adresse web unique. C’est elle que le service devra appeler.
- Collez-la chez le service. Dans les réglages de votre outil de formulaire ou de paiement, cherchez la rubrique consacrée aux webhooks ou aux intégrations, et collez l’adresse.
- Envoyez un premier essai. Remplissez votre formulaire ou déclenchez un événement de test. Make reçoit le message et apprend sa structure : il sait désormais quels champs il contient.
- Ajoutez vos actions. Les champs reçus apparaissent comme des pastilles dans les modules suivants. Vous les glissez où il faut, comme avec n’importe quel autre déclencheur.
- Activez le scénario. À partir de là, chaque événement lance le scénario immédiatement.
Beaucoup de connecteurs de Make utilisent déjà des webhooks sans que vous ayez à y penser : Make les signale par la mention Instant sur le module. Quand vous avez le choix entre un déclencheur Instant et un déclencheur qui vérifie, prenez le premier.

Trois détails qui évitent les mauvaises surprises
- Le scénario désactivé ne perd rien, dans une limite. Si un webhook arrive pendant que votre scénario est à l’arrêt, Make range les données dans une file d’attente et les traitera à la réactivation. La taille de cette file dépend de votre abonnement : sur le plan gratuit, elle est réduite.
- Make peut répondre au service. Le module Webhook response renvoie une réponse à celui qui a appelé. C’est utile quand le service attend une confirmation, ou pour afficher un message après l’envoi d’un formulaire.
- Le débit a un plafond. Make traite jusqu’à 300 appels entrants par tranche de dix secondes. Pour un usage personnel ou indépendant, vous ne l’approcherez jamais.
Webhook entrant, webhook sortant
Vous croiserez parfois ces deux expressions. Elles désignent le même mécanisme, vu de chaque côté.
- Un webhook entrant, c’est celui que vous recevez : Make vous donne une adresse, et un service extérieur l’appelle. C’est le cas de tout ce qui précède, et c’est celui dont vous aurez besoin dans la grande majorité des cas.
- Un webhook sortant, c’est celui que vous envoyez : à la fin d’un scénario, Make appelle l’adresse fournie par un autre service pour le prévenir à son tour. On le fait avec le module HTTP, qui envoie une requête à l’adresse de votre choix.
Le second demande un peu plus d’aisance, parce qu’il faut respecter le format attendu par le service qui reçoit. C’est exactement la logique d’une API : une porte d’entrée, et des règles pour y frapper. Commencez par l’entrant, le sortant viendra le jour où vous en aurez vraiment besoin.
Trois usages concrets
- Formulaire de contact : chaque demande arrive instantanément dans votre tableur et vous déclenche une notification, sans vérification toutes les heures.
- Paiement reçu : l’outil de paiement prévient Make, qui consigne la vente et envoie un message de remerciement dans la minute.
- Rendez-vous pris : l’outil de réservation prévient Make, qui crée la fiche du client et lui envoie ce qu’il doit préparer.
Dans les trois cas, le scénario ne consomme des crédits que lorsqu’il y a réellement quelque chose à traiter. Avec un volume modeste, c’est souvent ce qui permet de rester dans le plan gratuit.
Quand un webhook n’est pas disponible
Tous les services n’en proposent pas, et certains les réservent à leurs offres payantes. Dans ce cas, rien n’est perdu : le déclencheur qui vérifie à intervalle fixe fonctionne très bien. Réglez simplement son rythme sur votre besoin réel. Une facture qui sera traitée demain n’a pas besoin d’être détectée dans le quart d’heure : une vérification par jour suffit, pour trente crédits par mois.
Pour aller plus loin, mon avis sur Make détaille ce que l’outil fait bien et ce qui coince, la page automatiser ses tâches aide à choisir la première tâche à confier à un scénario, et le guide IA et automatisation donne une vue d’ensemble du sujet.
Votre prochain geste
Ouvrez les réglages de l’outil qui vous envoie le plus de notifications (formulaire, paiement, rendez-vous) et cherchez le mot « webhook ». S’il y est, vous tenez votre prochaine automatisation instantanée : il ne reste qu’à créer l’adresse dans Make et à la coller.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une API et un webhook ?
Avec une API, c’est votre outil qui va demander l’information au service, quand il le décide. Avec un webhook, c’est le service qui vous prévient, au moment exact où quelque chose se produit. L’API, c’est vous qui appelez ; le webhook, c’est on vous appelle.
Un webhook est-il sécurisé ?
L’adresse d’un webhook fonctionne comme un secret : quiconque la connaît peut y envoyer des données. Il ne faut donc jamais la publier, et il est prudent de vérifier dans le scénario qu’un champ connu de vous seul est bien présent. En cas de doute, créez une nouvelle adresse et remplacez l’ancienne.
Faut-il savoir coder pour utiliser un webhook ?
Non. Dans Make, créer un webhook revient à cliquer sur un module et à copier l’adresse qu’il fournit. Il suffit ensuite de la coller dans les réglages du service qui doit vous prévenir, sans écrire une ligne de code.
Que se passe-t-il si mon scénario est désactivé quand le webhook arrive ?
Make conserve les données reçues dans une file d’attente, dans une limite qui dépend de votre abonnement. Elles seront traitées quand vous réactiverez le scénario. Si la file est pleine, les nouveaux envois sont refusés.
Tous les services proposent-ils des webhooks ?
Non. Beaucoup d’outils de paiement, de formulaires et de prise de rendez-vous en proposent, mais pas tous, et parfois seulement dans leurs offres payantes. Quand il n’y en a pas, Make vérifie le service à intervalle régulier, ce qui fonctionne aussi mais consomme davantage.