Le vibe coding, c'est quoi ?
Le vibe coding, c'est programmer en décrivant ce qu'on veut à une IA, sans lire le code. D'où vient le terme, ce qu'il permet, et où il devient risqué.
Publié lepar Thomas
Un collègue vous montre son téléphone à la pause : une petite application pour organiser les covoiturages de l’équipe. Il ne sait pas programmer. « Je l’ai faite en vibe coding, dimanche. » Vous hochez la tête comme si le mot vous était familier, et vous le tapez dans un moteur de recherche en rentrant.
Vous avez bien fait, parce que derrière l’anglicisme un peu ridicule se cache un vrai changement : pour la première fois, quelqu’un qui n’a jamais écrit de code peut obtenir un logiciel qui fonctionne. Le vibe coding, c’est quoi exactement, d’où vient le terme, et jusqu’où peut-on s’y fier ? Voici la réponse, sans l’enthousiasme des vidéos ni le mépris de certains développeurs.
La définition, en une phrase
Le vibe coding, c’est programmer en décrivant ce qu’on veut à une intelligence artificielle, puis accepter ce qu’elle produit sans lire le code, en jugeant uniquement sur le résultat : est-ce que ça marche, oui ou non ?
« Vibe », en anglais, c’est l’ambiance, le ressenti. On pourrait traduire par « coder au feeling ». Le mot est volontairement désinvolte, et c’est la clé de la définition : ce qui distingue le vibe coding, ce n’est pas le fait d’utiliser une IA, c’est le fait de ne pas regarder ce qu’elle écrit.
Dans la pratique, ça ressemble à une conversation. Vous écrivez « fais-moi une page où l’équipe peut proposer un trajet et réserver une place ». L’outil génère le tout. Vous testez, un bouton ne marche pas, vous le dites. Il corrige. Vous recommencez jusqu’à ce que le résultat vous convienne, sans jamais ouvrir un fichier de code.
D’où vient le mot
Le terme a une date de naissance précise. Le 2 février 2025, Andrej Karpathy, chercheur en intelligence artificielle, cofondateur d’OpenAI et ancien responsable de l’IA chez Tesla, publie un message qui commence ainsi : « Il y a un nouveau type de programmation, que j’appelle vibe coding, où l’on s’abandonne complètement aux sensations, où l’on embrasse les exponentielles et où l’on oublie que le code existe. »
Dans la suite du message, il décrit sa méthode : il accepte systématiquement toutes les modifications proposées sans les lire, et quand une erreur apparaît, il la copie telle quelle dans la conversation pour que l’IA la corrige. Il précise surtout que c’est « pas si mal pour des projets jetables du week-end ». Cette dernière phrase est souvent oubliée. Elle est pourtant la moitié de la définition.
La suite a été rapide :
- en mars 2025, le dictionnaire Merriam-Webster ajoute le terme à sa liste des mots d’argot en vogue ;
- le même mois, Y Combinator, le plus connu des accélérateurs de start-up américains, indique qu’un quart des entreprises de sa promotion d’hiver 2025 ont un code généré à 95 % par l’IA ;
- le 6 novembre 2025, le dictionnaire Collins élit « vibe coding » mot de l’année.
Karpathy a reconnu depuis qu’il s’agissait d’une réflexion lancée en passant, sans imaginer qu’elle nommerait un phénomène.
Vibe coding ou programmation assistée : la différence qui compte
Toute programmation avec une IA n’est pas du vibe coding. Le développeur Simon Willison, l’une des voix les plus écoutées sur le sujet, l’a formulé le 19 mars 2025 : si une IA a écrit le code, mais que vous l’avez relu, testé en profondeur et que vous pouvez expliquer à quelqu’un d’autre comment il fonctionne, ce n’est pas du vibe coding, c’est du développement logiciel.
La nuance paraît subtile. Elle change tout sur ce qu’on peut confier au résultat.
| Vibe coding | Programmation assistée par IA | Outil sans code classique | |
|---|---|---|---|
| Qui écrit | L’IA | L’IA et le développeur | Vous, en assemblant des blocs |
| Qui lit le code | Personne | Le développeur, ligne par ligne | Il n’y a pas de code visible |
| Comment on juge le résultat | « Ça marche » | Tests, relecture, compréhension | À l’usage |
| Compétence demandée | Savoir décrire ce qu’on veut | Savoir programmer | Apprendre la logique de l’outil |
| Fait pour | Prototype, outil personnel, essai | Logiciel destiné à durer | Site ou application simple |
| Risque principal | Une faille invisible à l’usage | Le temps passé à relire | La dépendance à la plateforme |
Retenez la deuxième ligne. Tout ce que le vibe coding a de puissant et de fragile tient dans le mot « personne ».
Dans les faits, la frontière bouge au cours d’un même projet. On commence souvent en vibe coding pur, pour voir si l’idée prend forme en une soirée. Si elle tient, on passe à autre chose : quelqu’un relit, teste, comprend. Le vibe coding n’est pas une façon de faire un logiciel du début à la fin, c’est une façon de démarrer. Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui savent à quel moment ils changent de régime.
Ce que le vibe coding permet vraiment
Pour quelqu’un qui ne code pas, c’est une porte qui était fermée il y a deux ans et qui est grande ouverte aujourd’hui. Ce qu’on peut raisonnablement en attendre :
- un prototype à montrer, pour savoir si une idée intéresse quelqu’un avant d’y investir de l’argent ;
- un outil pour soi, qui remplace un tableur bricolé ou une tâche répétitive ;
- un outil interne pour une petite équipe, à condition que les données ne soient pas sensibles ;
- un apprentissage par l’exemple : regarder ce que l’IA construit fait comprendre en quelques soirées ce qu’est une base de données ou un formulaire.

Les limites, faits à l’appui
La sécurité, invisible à l’usage. Une application peut fonctionner parfaitement et laisser n’importe qui lire les données de ses utilisateurs. C’est arrivé en 2025 à des applications générées avec Lovable, dont les règles d’accès à la base de données étaient absentes ou insuffisantes. Personne ne l’avait vu, puisque personne ne lisait le code. L’éditeur spécialisé Veracode a d’ailleurs relevé en 2025 que si les modèles d’IA produisent un code de plus en plus fonctionnel, la sécurité de ce code, elle, ne progresse guère.
L’impression d’aller vite. En juillet 2025, l’organisme de recherche METR a mesuré le travail de seize développeurs expérimentés sur 246 tâches réelles. Avec l’IA, ils ont mis 19 % de temps en plus. Le plus frappant : après coup, ils estimaient avoir gagné environ 20 %. METR précise que l’étude porte sur des experts travaillant sur des projets qu’ils connaissent bien, et qu’elle ne dit rien des débutants. Elle montre en revanche une chose utile pour tout le monde : le sentiment de vitesse n’est pas une mesure. C’est un cousin de l’effet Dunning-Kruger : on juge mal ce qu’on ne sait pas évaluer.
La réparation. Un code que vous n’avez pas lu, vous ne pouvez pas le réparer. Tant que l’IA corrige ses propres erreurs, tout va bien. Le jour où elle tourne en rond sur un bug, vous êtes sans recours, sauf à faire appel à quelqu’un qui code.
La compréhension. Déléguer l’écriture, c’est aussi déléguer une partie de la réflexion. Ce n’est pas grave pour un outil jetable, ça l’est davantage si vous comptez sur cette application pour votre activité. L’article sur ChatGPT et l’esprit critique pose le même critère : avez-vous compris ce que vous livrez ?
Faut-il s’y mettre ?
Oui, si vous avez une idée qui dort dans un coin ou une tâche qui vous agace chaque semaine. Le coût d’entrée est dérisoire : une soirée pour savoir si ça vous parle. Le pire qui puisse arriver, c’est de jeter la pièce d’essai.
L’objection qu’on entend le plus : « ce n’est pas du vrai code, ce n’est pas sérieux ». C’est du vrai code, simplement vous ne le voyez pas. La question n’est pas de savoir si c’est sérieux, mais ce que vous comptez en faire.
Pour débuter sans rien installer, un générateur tout-en-un est la voie la plus simple. Anything, que j’utilise, fournit d’office la base de données, les comptes utilisateurs et la mise en ligne, et va jusqu’à l’application installable sur téléphone. Si vous tenez à récupérer le code un jour, le comparatif Anything ou Lovable vous aidera à trancher.
Pour replacer le vibe coding dans le paysage plus large de l’IA au travail, le pilier IA et automatisation fait le tri entre ce qui fait réellement gagner du temps et ce qui en coûte.
Votre prochain geste
Choisissez une seule tâche qui vous agace chaque semaine, décrivez en cinq phrases l’outil qui la ferait à votre place, et donnez la première phrase à Anything ce soir. L’avis complet sur Anything vous dit à quoi vous attendre dès la première demande.
Questions fréquentes
Qui a inventé le terme vibe coding ?
Andrej Karpathy, chercheur en intelligence artificielle, cofondateur d'OpenAI et ancien responsable de l'IA chez Tesla. Il l'a employé dans un message publié le 2 février 2025, pour décrire une façon de programmer où l'on accepte tout ce que propose l'IA sans lire le code. Le mot a été élu mot de l'année 2025 par le dictionnaire Collins.
Faut-il savoir programmer pour faire du vibe coding ?
Non, c'est même le principe : on décrit ce qu'on veut en langage courant et on juge le résultat à l'usage. En revanche, il faut savoir décrire précisément ce qu'on attend, et accepter que personne n'a vérifié le code. Pour un prototype, c'est acceptable. Pour une application qui stocke les données d'autres personnes, il faut une relecture.
Quels outils utiliser pour faire du vibe coding ?
Pour quelqu'un qui ne code pas, les générateurs d'applications tout-en-un comme Anything ou Lovable sont les plus simples : rien à installer, base de données et mise en ligne fournies. Les développeurs utilisent plutôt des éditeurs de code assistés par IA, comme Cursor ou Claude Code, qui laissent le code visible.
Le vibe coding est-il dangereux ?
Pour un outil personnel ou un prototype, non. Le risque apparaît quand l'application manipule des données réelles : un code que personne n'a lu peut laisser passer une faille invisible à l'usage. En 2025, des applications générées par IA ont exposé les données de leurs utilisateurs pour cette raison exacte.
Le vibe coding va-t-il remplacer les développeurs ?
Il remplace une partie du travail de départ : le prototype, l'outil jetable, la première version. Il ne remplace pas ce qui fait l'essentiel du métier, à savoir faire évoluer un logiciel existant sans le casser, le sécuriser et le maintenir. Plusieurs développeurs connus, dont Simon Willison, insistent sur cette distinction.