Make pour les débutants : le tutoriel complet
Make tutoriel débutant : le compte, un premier scénario de bout en bout, les modules et déclencheurs, le test, puis l’activation sans vider vos crédits.
Publié lepar Thomas
Chaque demande de devis arrive dans votre tableur, et chaque fois vous devez penser à l’ouvrir, repérer la nouvelle ligne, copier le nom, écrire un e-mail. Le jour où vous oubliez de regarder, la demande attend trois jours. Vous savez que Make pourrait faire ça tout seul. Vous avez même ouvert l’outil une fois, vu un grand cercle avec un signe plus au milieu, et refermé l’onglet.
Ce tutoriel Make pour débutant part de là. On monte ensemble un seul scénario, de bout en bout, avec un vrai cas utile : une nouvelle ligne dans Google Sheets déclenche un e-mail de notification, uniquement pour les demandes marquées urgentes. En chemin, vous aurez vu les quatre notions qui font l’essentiel de l’usage de Make : le scénario, le module, le déclencheur et le filtre.
Les cinq mots à connaître avant de commencer
Le vocabulaire de Make est la première cause d’abandon. Il est pourtant court. Voici les seuls termes dont vous avez besoin aujourd’hui :
| Terme | Ce que c’est | L’équivalent dans votre journée |
|---|---|---|
| Scénario | Une automatisation complète, du début à la fin | La procédure « quand une demande arrive, je préviens le client » |
| Module | Une étape du scénario, liée à une application | Une action précise : lire le tableur, envoyer l’e-mail |
| Déclencheur | Le premier module, celui qui lance tout | Le moment où vous remarquez la nouvelle ligne |
| Filtre | Une condition posée entre deux modules | Votre réflexe « seulement si c’est urgent » |
| Crédit | L’unité de consommation : un module exécuté, un crédit | Le temps machine que vous payez |
Un scénario se lit de gauche à droite, comme une phrase : quand ceci arrive (déclencheur), si telle condition est vraie (filtre), alors faire cela (action).
Étape 1 : créer le compte et préparer le tableur
La création du compte prend cinq minutes. Rendez-vous sur make.com, inscrivez-vous avec votre adresse e-mail ou un compte Google, et choisissez le plan gratuit : aucune carte bancaire n’est demandée. Make vous demande dans quelle région héberger vos données ; si vous êtes en France, choisissez l’Europe.
Préparez ensuite le tableur qui servira de source. Dans Google Sheets, créez un fichier « Demandes » avec une première ligne d’en-têtes :
- Date
- Nom
- Message
- Urgent (Oui ou Non)
Ajoutez une ligne d’exemple remplie. Make a besoin d’au moins une ligne réelle pour vous montrer à quoi ressemblent les données, et c’est ce qui rendra la suite beaucoup plus simple.

Étape 2 : poser le déclencheur
Dans le tableau de bord de Make, cliquez sur le bouton de création d’un nouveau scénario. L’éditeur s’ouvre sur le fameux cercle avec un signe plus. Les libellés cités ici sont ceux de l’interface en anglais.
- Cliquez sur le cercle, cherchez Google Sheets et choisissez le module Watch New Rows (surveiller les nouvelles lignes).
- Créez la connexion à votre compte Google. Make ouvre une fenêtre d’autorisation Google : acceptez l’accès aux feuilles de calcul.
- Sélectionnez le fichier « Demandes », puis la feuille.
- Indiquez que la feuille contient des en-têtes, pour que Make nomme chaque colonne par son titre.
- Réglez la limite, c’est-à-dire le nombre maximal de lignes traitées à chaque passage. Laissez la valeur proposée pour commencer.
Au moment de valider, Make vous demande par où commencer. Choisissez From now on (à partir de maintenant) : sinon, il traitera toutes les lignes déjà présentes et vous recevrez autant d’e-mails.
Étape 3 : ajouter l’action
Survolez le bord droit du module Google Sheets : un petit signe plus apparaît. Cliquez dessus, cherchez Gmail et choisissez Send an email (envoyer un e-mail). Connectez votre compte Gmail de la même façon.
Vient alors le geste le plus important de Make : le mappage. Cliquez dans le champ du destinataire et tapez votre propre adresse. Puis cliquez dans le champ de l’objet. Un panneau s’ouvre avec les données du module précédent, présentées comme des pastilles : Nom, Email, Message, Urgent. Écrivez « Demande urgente de » puis cliquez sur la pastille Nom. Faites de même dans le corps du message avec Email et Message.
Ce que vous venez de faire, c’est dire à Make : « prends la valeur de cette colonne, pour cette ligne-là, et mets-la ici ». À chaque nouvelle ligne, la pastille sera remplacée par la vraie valeur.
Étape 4 : poser le filtre
Vous ne voulez un e-mail que pour les demandes urgentes. Cliquez sur la ligne pointillée qui relie les deux modules, puis sur Set up a filter (définir un filtre).
- Donnez-lui un nom parlant : « Seulement les urgences ».
- Dans la condition, cliquez sur la pastille Urgent.
- Choisissez l’opérateur Equal to (égal à), dans la catégorie des opérateurs de texte.
- Tapez Oui dans la valeur.
Une icône d’entonnoir apparaît désormais sur la liaison. Les lignes dont la colonne Urgent ne vaut pas Oui s’arrêteront là, et le module Gmail ne s’exécutera pas pour elles : il ne consommera donc pas de crédit.
Étape 5 : tester avec Run once
Ne jamais activer un scénario sans l’avoir vu tourner une fois. Cliquez sur Run once (exécuter une fois) en bas à gauche. Make se met en attente de nouvelles données. Retournez dans votre tableur, ajoutez une ligne avec Urgent à Oui, revenez dans Make.
Au bout de quelques secondes, une bulle de données apparaît au-dessus de chaque module qui a tourné, avec un chiffre. Cliquez dessus : vous voyez ce qui est entré dans le module et ce qui en est sorti. C’est la fonction la plus utile de l’outil, et celle qui rend le dépannage possible sans être développeur.
Refaites le test avec une ligne à Non. La bulle doit apparaître sur Google Sheets, mais pas sur Gmail : le filtre a fait son travail.

Étape 6 : activer sans vider vos crédits
En bas de l’éditeur se trouve l’interrupteur de planification. Avant de l’activer, réglez le rythme en cliquant sur l’horloge du déclencheur.
C’est ici que beaucoup de débutants se font surprendre. Le module Watch New Rows vérifie le tableur à intervalle fixe, et chaque vérification consomme un crédit, même quand il n’y a rien de nouveau. Toutes les 15 minutes, le rythme le plus rapide du plan gratuit, cela fait 2 880 vérifications par mois, près de trois fois les 1 000 crédits offerts.
Réglez donc la vérification toutes les heures : 720 crédits par mois pour les vérifications, plus un crédit par e-mail envoyé. Vous restez dans le plan gratuit avec de la marge, et une demande urgente vous parvient en moins d’une heure. Enregistrez, activez l’interrupteur, c’est en ligne.
Le récapitulatif, avec le temps réel de chaque étape
Créer le compte gratuit
5 minutesInscription, choix de la région Europe, aucune carte demandée.
Préparer le tableur
5 minutesUne ligne d’en-têtes, une ligne d’exemple remplie.
Poser le déclencheur
10 minutesGoogle Sheets, Watch New Rows, démarrage à partir de maintenant.
Ajouter l’action et mapper
10 minutesGmail, Send an email, pastilles glissées dans l’objet et le corps.
Poser le filtre
5 minutesUrgent égal à Oui, sur la liaison entre les deux modules.
Tester, puis activer
10 minutesRun once avec une ligne urgente et une ligne normale, puis activation toutes les heures.
Ce que vous venez d’apprendre, et la suite
Ce scénario de trois éléments contient déjà tout le mécanisme de Make. Les scénarios plus longs n’ajoutent que des variantes :
- un routeur, pour envoyer les données vers deux chemins différents selon une condition ;
- un itérateur, pour traiter une par une les pièces jointes d’un e-mail ou les lignes d’une liste ;
- un déclencheur instantané (un webhook), qui ne consomme rien tant qu’il ne se passe rien ;
- un module HTTP, pour parler à un service qui n’a pas de connecteur prêt, à condition de comprendre une API.
N’ajoutez qu’une notion par scénario. C’est la règle que je conseille à tous ceux qui débutent : un scénario qui ne marche pas avec une seule nouveauté se dépanne en cinq minutes, un scénario qui en empile quatre se dépanne en une soirée.
L’objection du temps
« Une heure pour éviter d’ouvrir un tableur, ça ne vaut pas le coup. » C’est une objection juste pour une tâche rare, et fausse pour une tâche hebdomadaire. Une manipulation de cinq minutes chaque semaine représente plus de quatre heures sur un an : l’heure de mise en place est remboursée vers la douzième semaine. Le vrai gain, en plus, n’est pas le temps : c’est l’oubli qui disparaît. Une demande urgente ne dort plus trois jours dans un tableur que personne n’a ouvert.
À l’inverse, n’automatisez pas ce qui revient trois fois par an. La loi de Pareto s’applique aussi ici : quelques tâches répétitives concentrent l’essentiel du temps perdu, ce sont elles qu’il faut viser. La page automatiser ses tâches donne la méthode pour les repérer, et mon avis sur Make détaille ce que l’outil fait bien et ce qui coince encore.
Votre prochain geste
Ouvrez un compte gratuit ce soir et montez exactement ce scénario-là, avec votre propre tableur. Pas une variante plus ambitieuse : celui-ci. Une fois qu’il tourne, vous saurez construire tous les autres.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour apprendre Make ?
Une soirée pour comprendre le vocabulaire et monter un premier scénario simple, comme celui de ce tutoriel. La suite s’apprend scénario après scénario, en ajoutant une notion à la fois : un filtre, puis un routeur, puis le traitement de listes.
Faut-il savoir coder pour utiliser Make ?
Non. Les scénarios se construisent en reliant des blocs à la souris. Il faut en revanche savoir décrire sa tâche étape par étape, sans ambiguïté. C’est une compétence de logique, pas de programmation.
Mon scénario ne se déclenche pas, que vérifier ?
Trois choses, dans cet ordre. Que le scénario est bien activé, avec l’interrupteur de planification. Que le déclencheur a été réglé pour démarrer à partir de maintenant et non d’une date passée. Et que la donnée attendue arrive vraiment là où le déclencheur regarde, dans la bonne feuille ou la bonne boîte de réception.
Le plan gratuit suffit-il pour suivre ce tutoriel ?
Oui. Le scénario présenté ici tient dans les 1 000 crédits mensuels du plan gratuit, à condition de régler la vérification sur une fois par heure plutôt que toutes les 15 minutes.
Qu’est-ce qu’une bulle de données dans Make ?
C’est la petite pastille qui apparaît au-dessus d’un module après une exécution. Elle indique combien de fois il a tourné. En cliquant dessus, vous voyez exactement ce qui est entré dans le module et ce qui en est sorti, ce qui permet de comprendre une erreur sans deviner.