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Fiche de lecture

Avalez le crapaud : résumé et ce qu’il faut en retenir

Avalez le crapaud résumé : l’idée de Brian Tracy contre la procrastination, la méthode ABCDE, ce qui tient et ce qui relève du simple discours de motivation.

Auteur
Brian Tracy
Ma note
3
Pour qui
Celui qui repousse chaque jour la même tâche pénible et remplit sa matinée de petites choses faciles pour se donner l’impression d’avancer.
Pas pour
Celui dont les matinées ne lui appartiennent pas (réunions imposées, service client, enfants) : le conseil central suppose un début de journée libre. Il trouvera plus utile une méthode de passage à l’acte immédiate.
Court et direct. La méthode ABCDE vaut le livre, le reste se survole.

Les trois idées à retenir

  1. 1

    Votre crapaud est la tâche la plus importante et la plus désagréable de la journée. Faites-la en premier, avant tout le reste : la suite de la journée devient plus légère.

  2. 2

    Classer chaque tâche de A à E selon les conséquences de ne pas la faire. Ne jamais traiter un B tant qu’un A attend.

  3. 3

    Procrastiner est inévitable. La seule question est de choisir ce que vous repoussez : les tâches à faible valeur, jamais les autres.

Lundi, 9 h. Il y a un appel à passer, à un client mécontent, et vous savez que la conversation sera désagréable. Alors vous triez vos mails. Vous classez deux dossiers. Vous répondez à une question qui aurait pu attendre. À 11 h 30, l’appel n’est pas passé, et il pèse sur toute la journée, plus lourd qu’il ne l’était à 9 h.

Brian Tracy a bâti un livre entier sur cette scène. Ce résumé d’Avalez le crapaud reprend son idée centrale, les outils qui l’accompagnent, et ce qui relève davantage du discours de motivation que de la méthode. La promesse est simple : la procrastination ne se combat pas en gérant mieux toutes ses tâches, mais en attaquant d’abord la bonne.

De quoi parle le livre

Brian Tracy est un conférencier et formateur canadien, auteur de nombreux livres sur la réussite et la vente. Eat That Frog! paraît en 2001 et a été révisé plusieurs fois depuis. L’édition française actuelle, Avalez le crapaud !, est une édition révisée parue aux Éditions du Trésor caché en 2018 : 148 pages, sous-titrées « 21 bons moyens d’arrêter de tout remettre au lendemain ».

L’image vient d’une formule attribuée à Mark Twain : si la première chose que vous faites le matin est d’avaler un crapaud vivant, vous aurez la satisfaction de savoir que c’est probablement le pire qui vous arrivera de la journée. Tracy en tire deux règles.

  • Si vous devez avaler deux crapauds, commencez par le plus laid. Entre deux tâches pénibles, la plus importante passe d’abord.
  • Si vous devez avaler un crapaud, ne le regardez pas trop longtemps. Plus on repousse, plus la tâche grossit dans la tête.

Le crapaud, dans le vocabulaire du livre, c’est la tâche qui a le plus d’impact sur vos résultats et que vous êtes le plus tenté de repousser. Les deux vont souvent ensemble : ce qui compte vraiment est rarement agréable, sinon on l’aurait déjà fait.

Le reste du livre est une série de 21 chapitres courts, chacun portant un conseil. Certains sont des outils précis, d’autres des encouragements.

Les outils du livre, en un tableau

Tous les chapitres ne se valent pas. Voici ceux qui donnent un geste concret, avec ce qu’ils coûtent à mettre en place.

Outil Ce qu’il demande Coût d’entrée Ce que j’en pense
Écrire ses objectifs Noter par écrit ce que vous voulez accomplir, avec une échéance Une soirée, une fois Utile, mais développé ailleurs en mieux
Planifier la veille Préparer la liste du lendemain avant de quitter le travail Cinq minutes par jour Le conseil le plus rentable du livre
La méthode ABCDE Classer chaque tâche selon ses conséquences Deux minutes par liste Simple, et ça tient
La procrastination créative Choisir délibérément ce qu’on ne fera pas Une décision L’idée la plus juste du livre
Identifier sa contrainte principale Trouver ce qui freine le plus votre avancement Une réflexion d’une heure Excellent, et trop court
Découper la tâche Attaquer une tranche fine d’une grosse tâche pour se lancer Aucun Efficace contre le blocage du démarrage
Bloquer de longs créneaux Réserver des plages d’une heure ou plus pour le travail important Un agenda Juste, et mieux traité par Cal Newport

Une pile de dossiers papier attachés par des trombones sur un bureau, une paire de lunettes posée devant

Ce qui tient

La méthode ABCDE

C’est l’outil qui justifie le livre. Avant de commencer la journée, vous reprenez votre liste et vous notez une lettre devant chaque tâche :

  • A : à faire, avec des conséquences sérieuses si vous ne le faites pas ;
  • B : à faire, avec des conséquences légères ;
  • C : agréable à faire, sans conséquence réelle ;
  • D : à déléguer ;
  • E : à éliminer.

La règle qui rend le classement utile : on ne fait jamais un B tant qu’un A reste à faire. S’il y a plusieurs A, on les numérote, A1, A2, A3. Votre crapaud est l’A1.

La force de la méthode, c’est son critère. Tracy ne demande pas ce qui est important, question vague sur laquelle on peut réfléchir une heure. Il demande ce qui se passe si vous ne le faites pas. La réponse vient en quelques secondes, et elle est plus honnête.

Prenez une liste de lundi ordinaire. Rappeler le client mécontent : s’il n’est pas rappelé, il part, c’est un A. Finir la présentation de jeudi : un A aussi, mais qui peut passer en A2. Répondre à la demande d’un collègue sur un dossier secondaire : il attendra un jour sans drame, c’est un B. Réorganiser les dossiers partagés : agréable, sans conséquence, c’est un C. Mettre à jour le tableau de suivi que quelqu’un d’autre peut tenir : un D. Relire la newsletter interne : un E, que vous pouvez rayer. Six lignes, une minute, et l’appel redevient ce qu’il était : la première chose à faire.

Les éditions révisées ajoutent une règle voisine, que Tracy appelle la loi des trois : parmi tout ce que vous faites au travail, trois activités produisent l’essentiel de votre valeur. Le chiffre est une intuition plus qu’une mesure, mais l’exercice est bon : écrire les trois activités pour lesquelles vous êtes payé, puis regarder combien de temps vous leur avez consacré la semaine dernière.

La procrastination créative

C’est l’idée la plus fine du livre. Tout le monde procrastine, faute de temps pour tout faire. La différence entre les gens qui avancent et les autres n’est pas qu’ils repoussent moins, c’est qu’ils choisissent ce qu’ils repoussent. Ils repoussent volontairement les C, les D et les E, et gardent leur énergie pour les A.

C’est la même logique que la loi de Pareto, que Tracy cite d’ailleurs dans un chapitre : une petite partie de vos tâches produit l’essentiel de vos résultats. Tout le reste peut attendre, et souvent disparaître.

Identifier la contrainte principale

Tracy demande de chercher ce qui limite le plus la vitesse à laquelle vous atteignez un objectif. Un commercial qui ne signe pas assez manque-t-il de contacts, de rendez-vous, ou de taux de conversion ? Tant que la contrainte n’est pas identifiée, tous les efforts portés ailleurs sont perdus.

Ce qui relève du discours de motivation

Le livre a les défauts de son genre, et les nommer permet de garder le reste.

Des chiffres sans source. Tracy affirme par exemple que chaque minute consacrée à planifier fait gagner jusqu’à dix minutes d’exécution. L’idée est plausible, le chiffre n’est appuyé sur rien de vérifiable. D’autres affirmations du même type parsèment le livre : il faut les lire comme des images, pas comme des mesures.

Un ton de séminaire. Les chapitres sur la motivation, l’optimisme et la pression qu’on se met soi-même ressemblent à des extraits de conférence. Ils ne font pas de mal, mais ils ne donnent pas de geste.

Vingt et un conseils pour une seule idée. Le livre dilue sa meilleure trouvaille. Un lecteur qui retient les 21 conseils n’en appliquera aucun ; celui qui n’en retient qu’un, le crapaud du matin, aura l’essentiel.

Le matin libre est un privilège. « Faites votre crapaud en premier » suppose que votre début de journée vous appartient. Pour le salarié d’un service client, le manager convoqué à 9 h ou le parent qui dépose les enfants, le conseil doit être adapté : le crapaud se fait au premier créneau libre, pas forcément à l’aube.

Faut-il le lire ?

Oui, et c’est son premier argument : il se lit en une ou deux soirées. Pour quelqu’un qui procrastine, un livre de 148 pages a plus de chances d’être terminé qu’un pavé de 400 pages sur la gestion du temps. L’idée centrale est bonne, la méthode ABCDE est l’un des meilleurs outils de tri qui existent, et le reste se survole sans perte.

Si vous voulez aller plus loin sur le choix de la tâche, The One Thing traite la même question avec plus de profondeur. Si votre problème est plutôt le passage à l’acte, le déclencheur de la méthode 5-4-3-2-1 le complète bien.

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Une femme au téléphone à son bureau, qui prend des notes devant son ordinateur portable, une tasse à côté

Par où commencer dès demain

Ce soir, avant de fermer votre ordinateur, reprenez votre liste de tâches et notez une lettre de A à E devant chaque ligne. Numérotez les A. Entourez l’A1.

Demain, faites l’A1 avant d’ouvrir votre messagerie. Pas après avoir « juste vérifié » : avant. Si l’A1 dépasse deux heures, découpez-le et avalez seulement la première tranche.

C’est le livre entier en un geste. Pour que la liste de demain reste courte et réaliste, la méthode de la to-do list qui tient donne les règles qui l’accompagnent.

Questions sur Avalez le crapaud !

Que veut dire « avaler le crapaud » ?

C’est l’image centrale du livre, tirée d’une formule attribuée à Mark Twain : si la première chose que vous faites le matin est d’avaler un crapaud vivant, ce sera probablement le pire qui vous arrivera de la journée. Le crapaud, c’est la tâche la plus importante et la plus pénible, celle que vous êtes le plus tenté de repousser.

Qu’est-ce que la méthode ABCDE ?

Une façon de classer sa liste de tâches selon les conséquences. A : à faire, conséquences sérieuses si on ne le fait pas. B : à faire, conséquences légères. C : agréable, sans conséquence. D : à déléguer. E : à éliminer. On ne touche pas à un B tant qu’un A reste à faire.

Combien de pages fait Avalez le crapaud ?

L’édition française révisée, parue aux Éditions du Trésor caché en 2018, compte 148 pages. C’est l’un des livres de productivité les plus courts, et il se lit en une ou deux soirées.

Faut-il lire Avalez le crapaud ou Getting Things Done ?

Ils ne répondent pas au même problème. Avalez le crapaud aide à choisir et à attaquer la tâche importante ; Getting Things Done aide à ne rien oublier quand on a trop d’engagements. Si vous repoussez, commencez par le crapaud. Si vous oubliez, commencez par GTD.

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